[Triathlon] Courses/les récits de vos courses

La Lucien Aimar 2019 - La Londe les Maures - 49 km

par banditblue29 » Dim 8 Sep 2019 21:48

En 1er lieu, j'imagine que vous savez tous et toutes, qui est Lucien Aimar.... Vraisemblablement un ancien cycliste professionnel, puisque il ne vous aura pas échappé que de nombreux champions cyclistes, une fois le temps de la retraite sportive venue, se retrouvent « parrain » d'un rassemblement pour cyclo. Pour surfer sur la vague de leur célébrité, le dit rassemblement porte leur nom et se déroule sur le terres (ou plutôt dans leur terroir d'origine).
Ainsi, vous avez la Bernard Hinault à Saint Brieuc Bretagne, la Jalabert à Mazamet et la Lucien Aimar dans le Var. Lucien Aimar a gagné le tour 1966 et a été champion de France en 1968. Cette course propose plusieurs parcours, il y a en a pour tous les niveaux.

Bien sûr, dans un rassemblement cyclo, vous trouverez des cyclotouristes de toutes « obédience ». Des lents mais constants qui avale le bitume dans la bonne humeur en regardant le paysage, qui fonctionnent en groupe, vous avez les bons rouleurs, qui sont aussi adeptes de "l'effort de groupe" dans le groupe, qui regardent le paysage et apprécient le côté rassembleur de l'Ardéchoise (des milliers de cyclistes pendant plus de 4 jours parcourent l'Ardèche), puis enfin les compétiteurs.... Qu'on nomme les cyclosportifs.... Certains sont d'anciens sportifs de haut niveau, d'autres d'anciens très bons cyclistes (1ère et 2ème catégorie FFC), d'autres encore des jeunes cyclistes par leur récente venue dans ce sport plus que par leur âge, qui viennent s'aguerrir à la course en peloton, à allure soutenue. Et dans tout ça, il y a moi.... Ancienne compétitrice cycliste de niveau régional, de milieu de tableau qui se remet au vélo avec un peu plus de sérieux.

Une cyclosportive avec un circuit de 50 km sera parfait. A une semaine de l'UTV, ça doit me laisser le temps de récupérer (le vélo, ce n'est pas la course à pied). Avec un peu de chance, je pourrais même peut-être gagner car sur ce format, il n'y a pas souvent de filles qui s'engagent pour rouler à bloc.

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Jour de course, arrivée à la Londe environ 1h15 avant l'heure de départ, je récupère ma plaque de cadre et mes tickets repas (déplacement en famille, vu que je fais le petit parcours) et je pars m'échauffer. D'expérience (même si je n'ai qu'une seule cyclo à mon actif), ça part à bloc... Même sur une cyclo..... Donc, je me mets dans l'allure, fais quelques sprints en fin d'échauffement. Les conditions sont très bonnes, soleil, pas de vent (ou pas beaucoup), pas encore trop chaud.

8h45, je rejoins la ligne de départ. Je repère les forces en présence (les filles). En fonction, je n'adopterai sans doute pas la même « posture ». J'en vois deux qui sortent du « lot », une m'inquiète plus que l'autre. Son petit côté "élancé".... Me met le doute. L'entendre dire que c'est sa première course me rassure, en même temps qu'elle se rassure aussi sur sa capacité à suivre.
Nous sommes 38 engagés, 5 ou 6 femmes seulement et 5 ou 6 cadets, quelques seniors qui vont envoyer du bois et deux ou trois masters 4 ou 5 (45/55 ans). Nous avons aussi, l'amoureux historique du vélo dans le département du Var : M. Bonifay, négociant/vendeur de matériaux de construction, qui prête son camion podium, à toutes les courses de la région et qui prend aussi le départ.

Me voilà sur la ligne, en 1ère ligne.... Lucien Aimar donne le départ.... Et ça part tranquille. Un genre de défilé.... Puis, on accélère sensiblement. Je tâche de rester devant (ou pas loin de la tête) pour éviter de me faire distancer bêtement. Les filles identifiées au début sont présentes. Au fil qu'on s'approche du pied du pas du Cerf, l'allure s'élève. Dans ce format heureusement, cette montée d'allure est progressive, les jeunes voulant se tester (se méfient de la suite), les autres un peu moins jeunes finissant de s'échauffer.
J'ai révisé la montée au pas du Cerf, 15 jours avant, je sais donc à partir de quand il me faudra passer sur le petit plateau pour éviter de prendre les grosses cuisses (saturation des quadriceps) et avoir suffisamment de réserve de denture en plus ou en moins (je suis en 50/34 devant et 11/30 derrière en 10 vitesses) pour tourner les jambes (mais pas trop non plus). Les jeunes accélèrent franchement juste avant la rampe à 12%. Ce « coup de c... » n'est pas long mais il fait mal. Sans surprise, je lâche prise. La fille en rose aussi, juste après moi. Je la garde dans le viseur. J'ai un garçon encore un peu devant. Mon objectif est d'essayer de perdre le minimum de temps sur les derniers garçons du groupe et de faire derrière la descente aussi vite que possible pour recoller aux roues. Si je reste seule, ce sera « cuit » pour viser une sortie à 30 km/h de moyenne.
Je réussis à revenir sur un groupe de deux, il me semble. La fille en rose est revenue avec moi. Les relais s'organisent. Un groupe revient sur nous, la 2ème fille repérée au départ a été ramenée dans un groupe où il y a quelques garçons bien costauds dont un qui mène la poursuite. Peu avant Pierrefeu, il nous ramène sur les cadets et deux masters qui étaient partis dans le pas du Cerf. Le costaud en question regarde quand même souvent derrière. Visiblement, la 2ème fille est sa copine.... Je me dis qu'à ce régime là, il ne va pas tarder à la faire exploser. En plus, elle a quelques soucis avec son dérailleur mal réglé, pas moyen de garder sa chaîne alignée sur un pignon, elle (la chaîne) navigue entre deux en quasi permanence.

Peu de distance avant de faire demi-tour pour rentrer (déjà plus de 20 bornes de parcourues), un trou se forme. « Costaud » ayant vu que sa copine avait des soucis, il a arrêté de rouler. Je m'astreins à boucher pour recoller.... La fille en rose dans la roue. Un rond-point se profile, notre groupe de 10 (à la louche).. se met en file indienne. Des voitures sont arrêtées à l'entrée du rond-point.... (même si les carrefours sont sécurisés, que nous sommes accompagnés par des motards, nous sommes malgré tout sur route ouverte, la circulation se poursuit), il faut freiner alors que de l'autre côté, il y a une côte... Dont j'ignore la longueur.... Et la difficulté.... Nous sommes à l'entrée de Pierrefeu.... Supposant que les jeunes vont s'asticoter, je me dis qu'il va falloir sans doute que je me fasse un peu mal sans avoir une idée précise de comment je vais gérer.

Je me fais lâcher par les jeunes et les forts moins jeunes, la fille en rose juste devant ou juste à côté. Il me semble que je bascule devant. Dès que c'est fait, je relance pour revenir encore une fois tout de suite sur le groupe qui normalement, devrait s'être relevé sitôt la difficulté passée...(comme dans le pas du Cerf). Sauf qu'une voiture fait le forcing pour passer avant moi, venant de la droite et s'arrête juste après alors que je ne peux pas la doubler.... Je peste et je râle car l'effort à fournir sera pour le coup bien plus important pour rentrer.
Tant pis, j'y vais, on verra bien. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas gagné... La fille en rose m'aide bien un peu mais ce n'est pas suffisant. On se rapproche, le trou n'est plus que de 20 mètre à peine... Sauf que je coince.... Je ne vais pas tenir longtemps intercalée.... Un sursaut d'énergie, je me fais vraiment violence pour sprinter (en quelque sorte) afin d'augmenter ma vitesse de manière plus significative (lors du contre la montre, me mettre en danseuse, les mains en bas me faisait gagner 2 à 3 km/h). Grâce à cela, je réussis à recoller. Ouf, il était temps..... Je vais rester abriter jusqu'à ce qu'on revienne sur le pas du Cerf. La moyenne est, je trouve, élevée....

Niveau alimentation, j'ai décidé de ne pas prendre de sucre. Je tourne aux électrolytes.... Et là, j'ai mer...er ! Si ça suffit pour un effort à 80/85% de VMA, ça ne permet pas de passer plusieurs pics à 90/95%. La réserve de glycogène ayant fait pschiiiiitttt (c'est ce que je me dis). Vu qu'il m'a fallu déjà par deux ou trois fois m'employer pour ne pas sauter, je ne suis pas certaine qu'il m'en restait suffisamment en stock.

Bref, le pas du Cerf arrive et j'ai mal aux cuisses... Comme ça roule toujours pas mal, mais que ça commence à monter, je bascule sur le petit plateau..... Peut-être trop tôt.... Alors que j'aurai dû essayer d'emmener en force le plus loin possible pour sauter le plus loin possible.... Là, je saute tout de suite....Avant même que les cadets se tirent la bourre. Quand j'arrive en haut, je n'ai plus personne en point de mire.... La fille en rose n'est pas visible, sûrement elle a réussi à basculer avec un groupe.... Mais comme j'en sais rien, tant pis, je vais rouler, ne serait-ce que pour éviter un retour de l'arrière. C'est une route très fréquentée par les cyclos du dimanche, on ne sait jamais. Peut-être que je profiterai d'un fait de course.
C'est ce qui arrive quand un garçon me rattrape dans le début de la descente. Il mène bonne allure, je saute dans la roue. Visiblement il a décidé de faire la descente à bloc, je ne cherche pas à comprendre, en 50x13, je m'accroche.
A 2km du virage à gauche, nous revenons sur le groupe qui était devant moi. La fille en rose est-là. Mon accompagnateur met un démarrage au moment de doubler le groupe, un suiveur d'un autre groupe que nous avions doublé lui emboîte la roue. La fille en rose essaye de faire de même, mais elle coince. Je laisse un trou se faire, et moi aussi, je déboîte. Je réussis à recoller, elle non. Si je tiens, avec un garçon, ça devrait le faire. Et ça le fait, je passe la ligne en prem's, en m'évitant une arrivée au sprint. La 2nde passe 20'' après.

Alors pour l'histoire, la fille en rose faisait peut-être sa 1ère course mais c'est aussi une très bonne nageuse, qui s'est mise au vélo assez récemment. Pour ma part, l'objectif est rempli, la moyenne affichée est de 33 km/h, j'ai pris quelques relais. Une bonne préparation en vue du contre la montre de Besse sur Issole dans un mois. Si j'ai récupéré de l'UTV ;) .
Le repas d'après-course est sympa et copieux. Aïoli, éclairs au café. Les lots des vainqueurs aussi, même si je gagne un aspirateur :lol: .

Une belle organisation :thesphinx: :icon_bravo2: !
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banditblue29
 
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par Etienne » Lun 9 Sep 2019 18:18

Bravo pour ta performance (un aspirateur pour la première femme, l'organisateur ne serait-il pas macho sur les bords ?) et merci pour ton compte-rendu, un modèle de précision. C'est vraiment du vécu.
La course à pied est la plus importante des choses secondaires
Etienne
 
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